L’histoire de l’Eau d’Avène

L’Eau Thermale d’Avène possède une histoire riche qui commence dans la petite Commune d’Avène.

L’utilisation de l’Eau thermale d’Avène est ancienne et remonte au 18ème siècle. C’est en 1736 que Pons de Rosset de Rocozels a découvert cette source.

La valeur curative de l’Eau et ses bienfaits ont été découverts grâce à un cheval. Ce dernier appartenait au Marquis de Rocozels, atteint d’une maladie de la peau. Il présentait une éruption cutanée intense. Il a été abandonné en totale liberté, afin d’éviter une contagion éventuelle de sa maladie auprès des autres animaux.

L’animal laissé seul en errance dans la Montagne Noire a consommé de l’eau d’une source qui s’écoulait au lieu-dit « Verdu ». Le cheval se serait aussi roulé à maintes reprises, dans cette mare d’eau. Quelques temps après l’animal a retrouvé une peau totalement saine. Pour l’époque, cette guérison miraculeuse n’a pas manqué de faire parler la population.

Suite à cette découverte, des médecins ont conseillé à leurs patients de soigner avec l’eau tiède d’Avène leurs affections cutanées. Les vertus curatives de cette eau ont été rapidement confirmées et la réputation de la source a commencé à se développer.

En 1749, on doit au Marquis l’installation d’un premier bassin et en 1754 d’une piscine. Ce lieu prend alors le nom de « Bains de Fontcaude ».

Cette source a par la suite pris le nom de « Saint Odile » car selon la légende, Odile fille d’un duc d’Alsace, a été abandonnée par son père car elle était aveugle de naissance. Ce serait lors de son baptême qu’elle aurait retrouvé la vue grâce à cette eau.

La source Sainte Odile a d’ailleurs attiré l’attention de la faculté de Médecine de Montpellier et en particulier celle du Doyen qui était à l’époque Paul-Joseph Barthez. La première publication médicale traitant de l’eau d’Avène date de 1772.

Après un certain nombre de péripéties liées à la Révolution, les « Bains de Fontcaude » ont été acquis par Victor Descays en 1806. Il est à l’origine du premier établissement thermal ce qui a aussi permis le développement d’hébergements destinés à accueillir et loger les curistes. Jusqu’en 1975 l’établissement est resté la propriété de Victor Descays et sa famille.

En 1810 un rapport officiel a été établi décrivant les fonctionnements de l’établissement thermal qui comprenait une grande piscine entourée de bains individuels et une trentaine de lits avec la possibilité d’accueillir des curistes en pension complète.

D’éminentes personnalités médicales ont souligné l’intérêt d’une cure thermale à Avène pour le traitement de la peau.

En 1860 l’établissement thermal a été agrandi et réaménagé. Deux grandes piscines (une pour les hommes et une pour les femmes) ont été construites. Huit petites piscines pour les familles ont également été aménagées ainsi que six cabinets particuliers avec baignoire et deux salles de douche.

Durant cette période la fréquentation d’Avène a été nettement accrue. On peut noter 500 curistes par an durant cette période. Cette fréquentation a donné lieu à une notable amélioration des voies d’accès. Toutefois les routes, du fait de la topographie du territoire ont gardé leur charme de routes touristiques.

La renommée de l’eau d’Avène dépasse d’ores et déjà les frontières. En effet, lors de l’incendie de Chicago en 1871, l’eau a été utilisée avec succès pour traiter les plaies des grands brûlés.

Pour la petite histoire, cet incendie se serait déclaré dans une étable, alors que Madame Catherine O’Leary était en train de traire sa vache. La lampe qu’elle utilisait se serait renversée, provoquant un terrible incendie dont la propagation très rapide a eu des conséquences dramatiques : plus de 250 personnes décédées, 100 000 personnes sans abri, plus de 17 400 bâtiments détruits et plus de 200 000 âcres en seulement 27 heures.

Le 23 novembre 1874, le décret déclarant la source d’intérêt public a été signé par le Maréchal Mac-Mahon, Président de la République. Cela a apporté une consécration officielle à Avène dont l’eau reçut un prix à l’Exposition Universelle de Paris en 1878.

Cependant, on peut noter à cette époque que les activités de la station ne progressent guère. Malgré la réalisation d’une très célèbre affiche destinée à promouvoir Avène, l’activité décline au début du 20ème siècle.

C’est en 1975 que la source Saint Odile est devenue propriété du groupe Pierre Fabre. Pierre Fabre fondateur du groupe et pharmacien de formation est originaire de Castres. Suite à ce rachat, il s’ensuit une période d’évaluation clinique et pharmacoclinique des propriétés de cette Eau thermale, reconnaissant ainsi la spécificité dermatologique du site d’Avène. La Fédération Thermale et Climatique Française classe Avène, permettant ainsi une prise en charge par la Sécurité Sociale. C’est à cette période que divers travaux d’aménagement du captage ont été réalisés et que l‘établissement thermal a été construit. Celui-ci a été inauguré en 1990. Il est doté d’une unité de soins moderne avec un équipement d’hydrothérapie du plus haut niveau. La fréquentation a progressé pour atteindre en moyenne 2800 curistes.

Dans la plaine de Beau Désert, en 1989, une usine de produits cosmétiques a été implanté fabriquant des crèmes, lotions et aérosols à base d’eau d’Avène. La surface de production, progressivement agrandie, atteint aujourd’hui 17 000m². 

Un laboratoire de l’Eau a été créé en 2007 afin de surveiller la pureté et les qualités de l’eau thermale d’Avène.

Il faut savoir que l’on reste encore de nos jours impressionnés par la constance et l’abondance du débit, 70 m3 par heure. L’émergence naturelle se fait au griffon, situé sur l’aire d’implantation de la station thermale.

Apaisante, anti-irritante et adoucissante par nature, l’Eau thermale d’Avène est riche d’actifs particulièrement indiqués pour les peaux les plus sensibles.

Cette eau est classée parmi les eaux du groupe des « eaux faiblement minéralisées (pauciminéralisées) à profil bicarbonaté calcique et magnésien.

On notera particulièrement la forte présence de silicates, la pauvreté en sodium, le rapport calcium/magnésium égal à 2 mg/l

L’Eau thermale d’Avène a une origine profonde issue de précipitations très anciennes. En effet, cette eau s’est infiltrée dans le sous-sol 40 ans avant sa sortie au griffon. Cette eau migre très lentement, vers la surface à travers une couche géologique constituée de dolomie (carbonate double de calcium et magnésium) ainsi que de calcaires dolomitiques. Ce qui est daté du Cambrien.

Au contact de cette roche sédimentaire et du gaz carbonique issu des entrailles terrestres, l’eau se minéralise en dissolvant le magnésium et le calcium sous leur forme soluble d’hydrogénocarbonate. Au niveau de cette masse dolomitique, il s’intercale à hauteur des bains d’Avène, 2 faisceaux de dolomies fines ayant intégré des dépôts aigaires fossilisés.

Les indications de la cure thermale à Avène sont principalement :

  • La dermatite atopique de l’enfant (dès l’âge de 4-5 mois) et de l’adulte
  • Toutes les formes d’eczéma
  • Le psoriasis
  • Les cicatrices et séquelles de brûlures
  • Post cancer
  • Les prurits et prurigos chroniques
  • Les ichtyoses
  • Les lichens cutanéo-muqueux
  • Dermite séborrhéique couperose, rosacée

D’autres maladies de peau peuvent être prises en charge à Avène ; l’indication de la cure est précisée par le médecin prescripteur et elle est d’une durée de 3 semaines

La Station Thermale a mis en place des ateliers pratiques pour informer et aider les patients dans leur parcours de soins.

Par ailleurs, l’équipe médico-thermale a conçu SensiCure. Cette micro-cure d’une semaine est libre de prescription et offre à toutes les peaux sensibles un programme de soins personnalisé.